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Augmentation du gaz en 2026 : qui paie plus cher et de combien ?

Le gaz naturel repart à la hausse en 2026, et cette fois le signal est clair. Deux révisions successives du prix repère de vente ont été publiées par la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) en l’espace de quelques semaines : +6,3 % TTC au 1er octobre, puis +6,6 % en novembre. Pour un ménage chauffé au gaz, la note annuelle peut grimper de plusieurs centaines d’euros. Voici ce qu’il faut savoir avant de subir la prochaine facture.

Le marché européen du gaz reste sous tension structurelle depuis 2022, et 2026 ne fait pas exception. Les volumes de gaz naturel liquéfié (GNL) importés fluctuent, les stockages européens ont été reconstitués à des niveaux inégaux selon les pays, et les fournisseurs répercutent les coûts de fourniture sur les tarifs. Résultat : les consommateurs français, qu’ils soient en offre indexée ou à prix fixe, ne sont pas tous logés à la même enseigne.

Les deux hausses de 2026 : calendrier et montants

+6,3 % au 1er octobre 2026

La CRE a publié le prix repère de vente du gaz naturel applicable au 1er octobre 2026. Ce repère, qui sert de référence aux fournisseurs alternatifs et remplace l’ancien tarif réglementé supprimé en 2023, intègre les coûts de fourniture, d’acheminement et les taxes. La hausse de 6,3 % TTC concerne la composante fourniture, soit la part la plus variable de la facture. Pour un foyer consommant environ 12 000 kWh par an (logement de taille moyenne chauffé au gaz), cela représente un surcoût d’environ 80 à 100 € sur la période.

+6,6 %

hausse du prix repère de vente du gaz en novembre 2026 (CRE)

+6,6 % en novembre 2026

Un mois plus tard, rebelote. La révision de novembre 2026 acte une nouvelle progression de 6,6 % du prix repère. Deux hausses successives en deux mois, c’est rare — la dernière séquence comparable remonte à l’automne 2021, en pleine crise énergétique. Cette fois, la CRE justifie l’évolution par la tension sur les marchés de gros européens et le recalibrage des coûts de transport sur les réseaux GRTgaz et Teréga.

Sur l’ensemble de l’année 2026, en cumulant les différentes révisions mensuelles, l’évolution moyenne du prix repère dépasse les 10 % par rapport à janvier 2026. Les ménages en offre indexée sur ce repère en ressentent directement l’effet.

⚠️ À garder en tête

Le prix repère CRE n’est pas un tarif obligatoire : chaque fournisseur fixe librement son prix. Certains appliquent des offres inférieures, d’autres supérieures. Comparez votre contrat actuel avant de supposer que la hausse vous touche intégralement.

Pourquoi le prix du gaz repart à la hausse ?

Les marchés de gros sous pression

Le prix du gaz naturel sur les marchés européens (TTF néerlandais, référence continentale) a progressé tout au long de 2025 et début 2026. Plusieurs facteurs jouent simultanément :

  • La demande asiatique en GNL a absorbé une part croissante des livraisons mondiales, réduisant les volumes disponibles pour l’Europe.
  • Les stocks européens entraient en hiver 2025-2026 à des niveaux légèrement inférieurs à la moyenne quinquennale.
  • La fin progressive des contrats à long terme avec la Russie force les importateurs à se replier sur le marché spot, plus cher.
  • La hausse du dollar par rapport à l’euro renchérit mécaniquement le GNL libellé en devises américaines.

Le poids des taxes et du transport

Sur une facture de gaz, la fourniture ne représente qu’une partie du total. Le reste se décompose entre :

  • L’acheminement (tarif ATRD, révisé chaque année par la CRE)
  • La TVA à 20 % sur la part énergie
  • La taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN)
  • L’abonnement fixe, indépendant de la consommation

Même si les taxes restent stables, une hausse de 6 % sur la composante fourniture se traduit par une hausse globale de 3 à 4 % sur la facture totale TTC. Ce n’est pas anodin sur un budget chauffage annuel de 1 500 à 2 000 €. Pour tout comprendre sur les tendances du secteur, le dossier Énergie fait le point régulièrement.

💡 Notre conseil

Si votre contrat est indexé sur le prix repère CRE, renégociez maintenant un prix fixe pour 12 ou 24 mois. En période de hausse, bloquer le tarif avant l’hiver est souvent payant — à condition que le fournisseur ne vous facture pas une prime trop élevée pour cette garantie.

🎯 Qui est réellement touché par la hausse ?

Offres indexées vs prix fixes

📊 Offre indexée 🔒 Offre à prix fixe
Suit les évolutions mensuelles du prix repère CRE. Vous subissez les hausses d’octobre et novembre 2026 dès leur application. Peut baisser si les marchés se détendent. Prix garanti pendant la durée du contrat (1, 2 ou 3 ans). Pas d’impact immédiat des révisions CRE. Résiliation souvent pénalisée si vous partez avant l’échéance.

Les ménages les plus exposés

La surface chauffée et l’isolation du logement déterminent l’exposition réelle à la hausse. Un appartement des années 1970 mal isolé, chauffé au gaz, consomme facilement 20 000 kWh/an — soit le double d’un logement récent aux normes RT 2012. Pour ce profil, une hausse de 10 % sur l’année représente 150 à 200 € supplémentaires.

Les locataires sont particulièrement vulnérables : ils ne peuvent pas changer de système de chauffage sans accord du propriétaire, et les travaux d’isolation restent à la discrétion du bailleur. C’est précisément là que les Aides à la rénovation énergétique en 2026 : ce qui change vraiment peuvent faire la différence, y compris pour les propriétaires bailleurs incités à rénover leur bien.

✅ À retenir

Un logement classé DPE E, F ou G consommant 18 000 kWh/an verra sa facture gaz augmenter de 150 à 250 € sur l’année 2026 par rapport à 2025, en tenant compte des deux révisions d’octobre et novembre. Les passoires thermiques restent les premières victimes de chaque hausse tarifaire.

Limiter l’impact sur sa facture : actions concrètes

Agir sur le contrat

Première étape : vérifier la nature de son offre. Si elle est indexée, comparer les offres à prix fixe actuellement disponibles sur le marché. Des fournisseurs comme TotalEnergies, Engie, Eni ou des acteurs plus récents proposent régulièrement des grilles tarifaires compétitives, surtout en dehors des périodes de pic hivernal.

Quelques réflexes utiles :

  • Demander une simulation sur 12 mois avec votre consommation réelle (en kWh, pas en euros)
  • Lire attentivement les clauses de révision : certains contrats « à prix fixe » intègrent des clauses de revalorisation liées à l’inflation
  • Vérifier les frais de résiliation avant de changer de fournisseur

Agir sur la consommation

La réduction de consommation reste le levier le plus efficace à court terme. Baisser le thermostat de 1 °C réduit la consommation de chauffage d’environ 7 %. Programmer le chauffage la nuit à 17 °C au lieu de 19 °C, purger les radiateurs, calorifuger les tuyaux en cave : des actions simples qui pèsent sur la facture finale.

À moyen terme, les travaux d’isolation (combles, fenêtres, parois) restent la seule vraie réponse structurelle à la volatilité des prix du gaz. Un logement bien isolé consomme deux à trois fois moins, et devient presque insensible aux fluctuations tarifaires.

1
Vérifier son type de contrat
Indexé ou prix fixe ? La réponse conditionne toute la stratégie à adopter face aux hausses.
2
Comparer les offres du marché
Utiliser un comparateur officiel (energie-info.fr) pour identifier les tarifs les plus bas disponibles dans votre zone.
3
Engager des travaux si possible
MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ : les dispositifs d’aide existent et permettent de financer une isolation ou un changement de système de chauffage.

Questions fréquentes

De combien augmente le prix du gaz en 2026 au total ?

En cumulant les révisions mensuelles du prix repère de vente publié par la CRE, le gaz naturel a augmenté de plus de 10 % entre janvier et novembre 2026. Les deux hausses les plus marquantes sont celles du 1er octobre (+6,3 % TTC) et de novembre (+6,6 % TTC). L’impact réel sur la facture dépend du type de contrat souscrit et de la consommation annuelle du foyer.

Qu’est-ce que le prix repère CRE et comment s’applique-t-il ?

Depuis la suppression des tarifs réglementés de vente du gaz en juillet 2023, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) publie chaque mois un prix repère de vente. Ce repère reflète les coûts réels de fourniture, d’acheminement et les taxes. Il n’est pas obligatoire : les fournisseurs peuvent proposer des prix différents. Il sert surtout de référence pour comparer les offres du marché et calculer les éventuelles aides sociales liées à l’énergie.

Les ménages en offre à prix fixe sont-ils protégés de la hausse ?

Oui, tant que le contrat est en cours de validité. Une offre à prix fixe garantit le tarif du kWh pendant la durée prévue (1, 2 ou 3 ans), indépendamment des révisions du prix repère CRE. Attention toutefois aux clauses de revalorisation liées à l’inflation ou à l’indice des prix à la production : certains contrats présentés comme « fixes » contiennent ce type de mécanisme. Lire les conditions générales reste indispensable.

Existe-t-il des aides pour compenser la hausse du gaz en 2026 ?

Le chèque énergie, versé automatiquement aux ménages aux revenus modestes, peut partiellement compenser la hausse. Son montant varie entre 48 € et 277 € selon les ressources et la composition du foyer. Pour les ménages chauffés au gaz, les aides à la rénovation (MaPrimeRénov’, CEE) permettent de financer des travaux d’isolation ou le remplacement d’une chaudière gaz par une pompe à chaleur, réduisant durablement la dépendance aux tarifs gaziers.

Le prix du gaz va-t-il encore augmenter après novembre 2026 ?

Impossible de répondre avec certitude : le prix repère CRE est révisé chaque mois en fonction des marchés de gros. Les analystes anticipent une relative stabilisation début 2027 si les stockages européens sont bien remplis cet automne et si la demande asiatique en GNL se modère. Mais les marchés énergétiques restent sensibles aux événements géopolitiques et climatiques. Suivre les publications mensuelles de la CRE reste le meilleur indicateur disponible.

Jérémie Rodrigues