L’interdiction de louer les logements classés E au diagnostic de performance énergétique représente un enjeu majeur pour les propriétaires bailleurs. Cette mesure, prévue pour l’horizon 2034, s’inscrit dans la lutte contre les passoires énergétiques et la transition écologique du parc immobilier français. Comprendre les implications de cette réglementation permet d’anticiper les démarches nécessaires et d’agir avant que l’échéance ne soit trop proche.
Publiée sur legifrance.gouv.fr, la loi Climat et Résilience encadre précisément ces obligations. Les particuliers concernés — qu’ils soient propriétaires bailleurs ou locataires — trouvent sur service-public.fr ainsi que sur vosdroits.service-public.gouv.fr les informations officielles sur leurs droits et démarches. L’ADEME met par ailleurs à disposition des ressources pédagogiques pour comprendre le fonctionnement du diagnostic de performance énergétique (DPE) et évaluer la performance énergétique d’un bâtiment.
✅ À retenir
Les logements DPE E ne sont pas encore interdits à la location, mais l’échéance de 2034 approche. Anticiper les travaux de rénovation dès maintenant permet de bénéficier des aides disponibles et d’éviter une décote immobilière croissante.
Calendrier des interdictions de location selon le DPE
La loi Climat et Résilience, disponible dans son intégralité sur legifrance.gouv.fr, établit un calendrier progressif d’interdiction des logements énergivores. Depuis janvier 2023, les logements G+ consommant plus de 450 kWh/m²/an ne peuvent plus être mis en location. Cette mesure s’est étendue à tous les logements G depuis le début de l’année suivante.
Le calendrier se poursuit avec l’interdiction des logements classés F à partir du 1er janvier 2028. Les propriétaires de biens étiquetés E disposent encore de plusieurs années avant que l’interdiction ne les concerne, fixée au 1er janvier 2034. Cette échéance s’applique aux contrats de location signés, renouvelés ou reconduits tacitement à partir de cette date. Les particuliers bailleurs qui souhaitent vérifier l’état réglementaire de leur logement peuvent consulter le service en ligne dédié sur service-public.gouv.fr.
Les territoires d’outre-mer bénéficient d’un calendrier adapté. En Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte, les logements G seront interdits à la location en 2028, les F en 2031, et les E conservent la même échéance de 2034 que la métropole. Ces dispositions sont consultables directement sur legifrance.gouv.fr ou via le service de recherche juridique mis à disposition par la DILA.
| Étiquette DPE | Date d’interdiction métropole | Date d’interdiction outre-mer |
|---|---|---|
| G+ | 1er janvier 2023 | 1er janvier 2023 |
| G | 1er janvier 2025 | 1er janvier 2028 |
| F | 1er janvier 2028 | 1er janvier 2031 |
| E | 1er janvier 2034 | 1er janvier 2034 |
💡 Notre conseil
Ne pas attendre 2033 pour entamer les démarches. Les artisans RGE sont déjà sollicités massivement par les propriétaires de logements G et F. Anticiper dès maintenant garantit un meilleur accès aux aides financières et aux entreprises qualifiées pour réaliser les travaux.
Caractéristiques des logements DPE E
Un logement obtient la classification E lorsque sa consommation d’énergie primaire se situe entre 251 et 330 kWh/m²/an, ou que ses émissions de gaz à effet de serre atteignent 51 à 70 kg de CO₂/m²/an. Le système retient automatiquement la plus mauvaise note entre l’étiquette énergie et l’étiquette climat — c’est ce que précise le nouveau DPE opposable, réformé et encadré par l’ADEME.
Ces biens présentent généralement des défauts d’isolation importants touchant les murs, les fenêtres, la toiture et les planchers bas. Les systèmes de chauffage et de production d’eau chaude sont souvent obsolètes : chaudières au fioul inefficaces, convecteurs électriques anciens ou absence de ventilation adaptée. Les fenêtres à simple vitrage constituent l’une des principales sources de déperdition : une fenêtre non isolée peut représenter jusqu’à 15 % des pertes thermiques d’un logement. Les problèmes d’étanchéité accentuent encore ces défaillances énergétiques du bâtiment.
« Les logements classés E représentent 18 % du parc immobilier français, avec une forte proportion de bâtiments construits entre 1919 et 1948 — soit 30,8 % des logements E. »
— Données ADEME / Observatoire de la rénovation énergétique
Les coûts énergétiques annuels d’un logement E oscillent entre 1 600 et 2 300 euros, représentant un budget conséquent pour les occupants. Cette catégorie touche une large part du parc locatif privé. Les particuliers qui louent un tel bien doivent être informés de cette classification dès la signature du bail : le diagnostic de performance énergétique du bâtiment est obligatoirement annexé au contrat de location.

⚠️ Conséquences actuelles et futures pour les propriétaires
Actuellement, les logements DPE E échappent encore aux restrictions de location et au gel des loyers. Les propriétaires conservent la possibilité d’ajuster les montants locatifs selon les conditions du marché. Toutefois, depuis début de la période couverte par la nouvelle réglementation, ces biens doivent obligatoirement fournir un audit énergétique lors de la vente, au même titre que les passoires thermiques F et G. Cette obligation est précisée sur vosdroits.service-public.gouv.fr, accessible à tous les particuliers.
Cette classification impacte déjà la valeur immobilière des logements. Selon le Conseil supérieur du notariat, un logement E subit une décote pouvant atteindre 5 % comparé à un bien classé D. Cette tendance risque de s’accentuer à l’approche de l’échéance réglementaire, incitant les propriétaires à anticiper les travaux de rénovation. Les particuliers qui envisagent de vendre un tel bâtiment avant les travaux doivent intégrer cet effet dans leur stratégie patrimoniale.
Les locataires disposent de recours spécifiques pour faire valoir leurs droits. Ils peuvent exiger un DPE valide — notamment lors des reconductions tacites — et saisir les juridictions civiles si le logement ne respecte pas les critères de décence énergétique. Le juge peut alors ordonner des travaux, réduire le loyer ou suspendre son paiement. Ces démarches sont encadrées par le droit du logement, consultable sur legifrance.gouv.fr ou résumé dans les fiches pratiques de service-public.gouv.fr.
⚠️ À garder en tête
Louer un logement considéré indécent sur le plan énergétique expose le propriétaire à des sanctions judiciaires. Le locataire peut obtenir une réduction de loyer, voire la suspension de son paiement, jusqu’à réalisation des travaux ordonnés par le tribunal. Mieux vaut entreprendre les rénovations avant d’y être contraint.
🎯 Travaux de rénovation et solutions pour améliorer le classement énergétique
Pour échapper à l’interdiction à venir, plusieurs axes de rénovation s’avèrent prioritaires. L’amélioration de l’isolation thermique constitue le levier principal : isolation des combles (25 à 30 % des pertes), des murs (20 à 25 %), des planchers bas (7 à 10 %) et remplacement des fenêtres par du double vitrage (10 à 15 % des pertes). Une fenêtre ancienne à simple vitrage peut être remplacée à des coûts variables, mais les aides disponibles rendent cette démarche accessible à la majorité des particuliers. Il convient de faire appel à un professionnel RGE pour entreprendre ces travaux dans les règles.
Le changement du système de chauffage offre des gains énergétiques substantiels. Les solutions recommandées incluent :
- Installation de pompes à chaleur air-air ou air-eau
- Chaudières à condensation haute performance
- Systèmes de chauffage au bois ou poêles performants
- Radiateurs à inertie pour le chauffage électrique
- Thermostats programmables réduisant la consommation de 5 à 15 %
L’installation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC), notamment en double flux, améliore la qualité de l’air intérieur tout en optimisant la performance énergétique du bâtiment. Ces travaux bénéficient de nombreuses aides financières : MaPrimeRénov’ (jusqu’à 20 000 euros), certificats d’économies d’énergie (CEE), éco-prêt à taux zéro (jusqu’à 50 000 euros) et TVA réduite à 5,5 %. Le service en ligne de l’ADEME permet de simuler les gains attendus selon le type de logement et les travaux envisagés.
Faire appel à un diagnostiqueur certifié pour évaluer la performance énergétique actuelle du bâtiment et identifier les travaux prioritaires selon le référentiel ADEME.
Commencer par les combles, les murs et les fenêtres — sources principales de déperdition thermique dans les logements E. Le remplacement d’une fenêtre à simple vitrage par un double vitrage est souvent le chantier le plus rapide à mettre en œuvre.
Remplacer la chaudière fioul ou les convecteurs obsolètes par une pompe à chaleur ou une chaudière à condensation pour gagner plusieurs classes DPE d’un coup.
Solliciter MaPrimeRénov’, les CEE et l’éco-PTZ via les démarches en ligne sur service-public.gouv.fr ou directement auprès des partenaires agréés. Des aides régionales et communales viennent souvent compléter ces dispositifs nationaux.
Les propriétaires bailleurs peuvent également solliciter Ma Prime Logement Décent sous conditions de loyer, ainsi que les dispositifs régionaux et communaux disponibles auprès des mairies et de leurs partenaires locaux. Cette panoplie d’aides rend financièrement accessible la rénovation énergétique des logements E, permettant d’éviter l’interdiction de location et de valoriser le patrimoine immobilier. Certains dispositifs sont aussi accessibles via des portails européens liés aux objectifs de l’Europe en matière de performance des bâtiments.
| ✅ Avantages à rénover maintenant | ❌ Risques à attendre |
|---|---|
| • Accès aux aides actuelles (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ) • Revalorisation locative possible • Meilleure attractivité du bien • Anticipation sereine sans pression d’échéance |
• Interdiction de location en 2034 • Décote immobilière croissante • Saturation des artisans RGE à l’approche de l’échéance • Risque de contentieux locatif |
Questions fréquentes
Un logement DPE E peut-il encore être loué aujourd’hui ?
Oui, un logement classé E au diagnostic de performance énergétique peut toujours être mis en location. L’interdiction de louer ce type de bien n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier 2034, pour les contrats signés, renouvelés ou reconduits tacitement à partir de cette date. En attendant, les propriétaires particuliers peuvent continuer à louer leur bien et à réviser le loyer selon les conditions du marché.
Combien coûte en moyenne la rénovation d’un logement DPE E pour atteindre la classe D ?
Le coût d’une rénovation permettant de passer d’un DPE E à un DPE D varie entre 15 000 et 40 000 euros selon la surface, la nature du bâtiment et les travaux engagés (isolation des murs, remplacement des fenêtres, changement de chauffage). Après déduction de MaPrimeRénov’ (jusqu’à 20 000 €), des certificats d’économies d’énergie et de l’éco-prêt à taux zéro (jusqu’à 50 000 €), le reste à charge peut être significativement réduit.
Le gel des loyers s’applique-t-il aux logements classés E ?
Non, le gel des loyers ne s’applique pas aux logements DPE E. Cette mesure concerne uniquement les logements classés F et G, qualifiés de passoires thermiques. Les propriétaires de biens étiquetés E conservent la liberté de réviser le loyer selon l’indice de référence des loyers (IRL), dans le respect des règles locales d’encadrement des loyers si elles existent.
Quelle est la différence entre un DPE E et une passoire énergétique ?
Le terme « passoire énergétique » ou « passoire thermique » désigne officiellement les logements classés F ou G, c’est-à-dire ceux consommant plus de 331 kWh/m²/an ou émettant plus de 70 kg de CO₂/m²/an. Un logement DPE E (251 à 330 kWh/m²/an) n’est pas encore qualifié de passoire dans les textes officiels, mais il sera soumis à la même interdiction de location à partir du 1er janvier 2034, selon la loi Climat et Résilience disponible sur legifrance.gouv.fr.
Où trouver les informations officielles sur les obligations liées au DPE E ?
Les informations officielles sont disponibles sur plusieurs plateformes gouvernementales : legifrance.gouv.fr pour les textes de loi, service-public.gouv.fr (rubrique vosdroits) pour les démarches pratiques des particuliers, et le site de l’ADEME pour les ressources sur la performance énergétique des bâtiments. Les propriétaires peuvent aussi contacter un conseiller France Rénov’ pour un accompagnement personnalisé dans leurs projets de rénovation.