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Location DPE F : interdiction et obligations pour les propriétaires bailleurs

Les propriétaires bailleurs font face à des évolutions réglementaires majeures concernant la performance énergétique des logements. Le diagnostic de performance énergétique F représente un véritable défi pour les investisseurs immobiliers, avec des restrictions croissantes qui impactent directement la rentabilité locative. Ces nouvelles obligations transforment radicalement le marché de la location en France, obligeant les propriétaires à repenser leur stratégie d’investissement et à anticiper des travaux de rénovation substantiels.

La classification énergétique F correspond aux logements considérés comme des passoires thermiques, nécessitant une consommation importante de chauffage en raison d’une isolation défaillante. Cette catégorie regroupe les biens immobiliers — qu’il s’agisse d’un appartement en étage, d’une maison individuelle ou d’un bien avec plusieurs pièces et chambres — présentant des performances énergétiques médiocres, généralement caractérisés par des factures de chauffage élevées pour les occupants. Pour un propriétaire bailleur souhaitant louer son bien, ignorer ces contraintes expose à des sanctions financières et juridiques de plus en plus sévères.

Niveau réglementaire : 🔴 Contraignant · Délai avant interdiction (DPE F) : ⏳ Janvier 2028 · Public concerné : 🏠 Propriétaires bailleurs

Les obligations légales du propriétaire bailleur avec un DPE F

La réglementation actuelle impose aux propriétaires plusieurs obligations strictes concernant les logements classés F. Le diagnostic de performance énergétique doit obligatoirement être annexé au contrat de location et fourni au locataire avant la signature du bail. Cette exigence garantit la transparence sur les performances énergétiques du bien proposé à la location, qu’il s’agisse d’un appartement de deux pièces avec cuisine équipée et salle de séjour, ou d’une maison de plusieurs chambres.

Les annonces de location — qu’elles soient publiées sur des plateformes immobilières, sur SeLoger ou via tout autre service d’annonces — doivent mentionner la note énergétique du logement de manière visible. Pour les biens classés F, une mention supplémentaire devient obligatoire : « logement à consommation énergétique excessive : classe F ou G ». Cette information permet aux futurs locataires d’évaluer les coûts énergétiques avant leur engagement locatif et d’estimer les charges comprises dans leur budget mensuel.

⚠️ À garder en tête

Toute annonce immobilière pour louer un appartement ou une maison classée DPE F doit afficher lisiblement l’étiquette énergie. L’absence de cette mention expose le propriétaire bailleur à des recours locataires et à une requalification du logement en bien non décent.

La validité du DPE s’étend sur dix ans, sauf en cas de travaux améliorant la performance énergétique du logement. Les diagnostics réalisés entre janvier 2018 et juin 2021 restent valables jusqu’au 31 décembre 2024, tandis que ceux effectués entre 2013 et 2017 ne sont plus acceptés depuis janvier 2023. Il est donc impératif de vérifier la date du diagnostic avant toute mise en location ou renouvellement de bail.

Le critère de décence énergétique impose depuis janvier 2023 un seuil maximal de 450 kWh/m²/an d’énergie finale. Les logements dépassant cette limite sont considérés comme non décents, ce qui peut entraîner des conséquences juridiques importantes pour les propriétaires bailleurs : le locataire peut exiger des travaux, saisir la commission départementale de conciliation ou réduire son loyer en justice.

✅ À retenir

Un appartement ou une maison classée DPE F doit obligatoirement faire figurer cette étiquette dans toute annonce de location. Le DPE doit être remis au locataire avant signature du bail. Le seuil de 450 kWh/m²/an d’énergie finale constitue la limite légale de décence énergétique applicable depuis janvier 2023.

⚠️ Le calendrier des interdictions de location pour les DPE F

L’évolution réglementaire prévoit un calendrier progressif d’interdictions de location selon les classifications énergétiques. Depuis janvier 2025, les logements étiquetés G sont interdits à la location et considérés comme non décents en France. Cette interdiction s’applique aux contrats signés, renouvelés ou reconduits tacitement à partir de cette échéance — qu’il s’agisse d’un appartement, d’une maison ou de tout autre bien mis en location.

Les logements DPE F feront l’objet d’une interdiction de location à compter du 1er janvier 2028. Cette mesure concernera tous les nouveaux baux, renouvellements et reconductions tacites signés après cette date. Le calendrier se poursuivra avec l’interdiction des logements classés E en 2034. Dès lors, les propriétaires qui n’auront pas engagé de travaux de rénovation énergétique verront leur bien exclu de toute mise en location, avec un impact direct sur leur loyer et leur rendement locatif.

Date d’application Classification énergétique Statut
1er janvier 2025 DPE G Interdiction de location
1er janvier 2028 DPE F Interdiction de location
1er janvier 2034 DPE E Interdiction de location

Les collectivités d’outre-mer bénéficient d’un calendrier décalé adapté aux spécificités locales. La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte verront l’interdiction des logements G reportée au 1er janvier 2028, et celle des logements F au 1er janvier 2031. Cette adaptation tient compte des contraintes climatiques et des marchés immobiliers locaux propres à ces territoires.

Cette transition progressive permet aux propriétaires de planifier les travaux de rénovation énergétique nécessaires pour maintenir leurs biens sur le marché locatif. Anticiper ces échéances est d’autant plus stratégique que les délais d’instruction des dossiers d’aides et les carnets de commandes des artisans certifiés se rallongent à l’approche des échéances réglementaires.

2028

Année d’interdiction de location pour tous les logements DPE F en France métropolitaine

Location DPE F : interdiction et obligations pour les propriétaires bailleurs

Le gel des loyers et ses conséquences financières

Depuis août 2022, une restriction majeure frappe les propriétaires de logements F et G : l’interdiction d’augmenter les loyers. Cette mesure s’applique lors du renouvellement du bail, de la remise en location ou même en cours de bail. Les propriétaires ne peuvent plus appliquer un loyer supérieur à celui du précédent locataire ni procéder à la révision annuelle habituelle indexée sur l’indice de référence des loyers (IRL).

Cette contrainte financière représente un impact économique significatif pour les investisseurs immobiliers. Concrètement, pour un appartement de trois pièces avec deux chambres, cuisine équipée et salle de séjour loué 700 € charges comprises, il devient impossible d’ajuster le loyer même si le marché local ou le prix au m² a évolué à la hausse. L’impossibilité d’ajuster les loyers selon l’évolution du marché peut réduire considérablement la rentabilité des investissements locatifs concernés par ces classifications énergétiques.

« Le gel des loyers pour les passoires thermiques signifie que chaque année d’inaction coûte de l’argent au propriétaire bailleur : inflation non répercutée, charges en hausse, et capital immobilier potentiellement déprécié à la revente. »

— Analyse du marché immobilier locatif français

Les aides personnelles au logement subissent également des modifications pour les logements non décents. La CAF ou la MSA met en place une « procédure de conservation des aides » : le locataire ne verse que le loyer après déduction des aides, pénalisant directement le bailleur. Cette conservation dure maximum 18 mois, le temps que le propriétaire réalise les travaux nécessaires. Passé ce délai sans amélioration constatée, les aides peuvent être définitivement suspendues et le loyer consigné.

Pour les propriétaires qui mettent en location plusieurs logements F ou G, l’effet cumulatif du gel des loyers et des potentielles pertes d’APL peut représenter plusieurs milliers d’euros de manque à gagner annuel. Cette réalité économique justifie d’engager sans attendre une recherche de solutions de rénovation adaptées à chaque bien.

🎯 Les solutions d’amélioration et accompagnement disponibles

Les propriétaires disposent de plusieurs leviers d’amélioration pour faire évoluer la classification énergétique de leur bien. L’isolation constitue le premier axe d’intervention : murs, toiture, planchers et fenêtres représentent les postes prioritaires pour réduire les déperditions thermiques. Pour une maison ou un appartement à l’étage avec terrain attenant, l’isolation par l’extérieur peut s’avérer particulièrement efficace. Le remplacement du système de chauffage par des équipements performants comme les pompes à chaleur ou chaudières modernes améliore significativement le classement DPE.

1
Audit énergétique
Faire réaliser un audit par un professionnel certifié pour identifier les postes de déperdition prioritaires dans votre appartement ou maison et estimer le coût des travaux.
2
Isolation thermique
Traiter en priorité les murs, la toiture et les menuiseries pour réduire les pertes de chaleur dans les pièces principales : séjour, chambres, cuisine.
3
Modernisation du chauffage
Remplacer une chaudière ancienne par une pompe à chaleur ou une chaudière à condensation pour améliorer substantiellement l’étiquette énergétique du bien.
4
Eau chaude et ventilation
Installer un chauffe-eau thermodynamique et une VMC double flux pour compléter les gains énergétiques et atteindre la classe E ou D.
5
Dépôt des dossiers d’aides
Constituer et déposer les dossiers MaPrimeRénov ou Ma Prime Logement Décent pour bénéficier d’un financement partiel et réduire le reste à charge.

L’optimisation de la production d’eau chaude sanitaire par l’installation de chauffe-eau thermodynamiques constitue une solution complémentaire efficace. La ventilation contrôlée contribue également à l’amélioration globale des performances énergétiques du logement, tout en améliorant la qualité de l’air intérieur pour les occupants.

Le dispositif MaPrimeRénov accompagne financièrement les propriétaires dans leurs travaux de rénovation énergétique. Pour les logements particulièrement dégradés, Ma Prime Logement Décent offre des aides spécifiques sous conditions de niveau de loyer modéré. Ces dispositifs permettent de financer une part significative des travaux, réduisant ainsi le délai de retour sur investissement pour le propriétaire bailleur.

Les propriétaires peuvent s’appuyer sur des professionnels certifiés pour réaliser le DPE, référencés dans l’annuaire officiel des diagnostiqueurs immobiliers. Le prix d’un DPE varie entre 100 et 250 euros selon la superficie et la localisation du bien — un investissement mineur au regard des enjeux financiers liés à l’interdiction de location. Des plateformes immobilières comme SeLoger permettent également aux propriétaires de comparer les annonces de biens rénovés pour évaluer leur position concurrentielle sur le marché locatif local.

✅ Avantages de la rénovation DPE F → E ou mieux ❌ Risques de l’inaction
• Possibilité de louer légalement après 2028
• Dégel du loyer et révision annuelle possible
• Maintien des APL perçues via le locataire
• Valorisation du bien immobilier à la revente
• Réduction des charges énergétiques pour le locataire
• Interdiction de location à partir de 2028
• Gel définitif du loyer jusqu’aux travaux
• Perte des aides au logement (APL/AL)
• Dépréciation du prix du bien sur le marché
• Risque de contentieux locataire

Pour les propriétaires gérant un appartement ou une maison classée F et souhaitant anticiper les obligations légales, la recherche d’un accompagnateur Rénov’ (service public gratuit) constitue le point d’entrée idéal. Cet interlocuteur guide la totalité du parcours de rénovation, depuis l’audit initial jusqu’au dépôt des dossiers de financement, en passant par la sélection des artisans RGE.

💡 Notre conseil

N’attendez pas l’approche de l’échéance de 2028 pour engager vos démarches. Les délais d’instruction des dossiers MaPrimeRénov, la disponibilité des artisans certifiés RGE et les délais de réalisation des travaux nécessitent souvent 12 à 24 mois. Anticiper votre rénovation, c’est aussi sécuriser la continuité de vos locations et préserver votre loyer.

  • Isolation thermique (murs, toiture, menuiseries)
  • Modernisation du système de chauffage
  • Installation d’équipements eau chaude performants
  • Amélioration de la ventilation
  • Accompagnement par des professionnels certifiés

Questions fréquentes

Peut-on encore louer un appartement classé DPE F après 2028 ?

Non. À partir du 1er janvier 2028, tous les logements classés DPE F seront interdits à la location en France métropolitaine. Cette interdiction s’applique aux nouveaux baux, aux renouvellements et aux reconductions tacites. Les propriétaires bailleurs devront avoir réalisé des travaux de rénovation énergétique pour ramener leur bien à la classe E minimum, sous peine de ne plus pouvoir légalement louer leur appartement ou maison.

Quelles sanctions risque un propriétaire qui loue un logement DPE F non conforme ?

Un propriétaire qui loue un logement classé DPE F dépassant le seuil de 450 kWh/m²/an s’expose à plusieurs risques : le locataire peut saisir le juge pour exiger des travaux ou une réduction de loyer, la CAF peut suspendre les aides personnelles au logement via la procédure de conservation, et le bail peut être requalifié en location illicite après l’entrée en vigueur de l’interdiction en 2028. Des dommages et intérêts peuvent également être réclamés.

Combien coûtent en moyenne les travaux pour passer d’un DPE F à un DPE E ?

Le coût des travaux de rénovation énergétique pour passer d’un DPE F à un DPE E varie fortement selon la surface, la nature du bien (appartement ou maison) et les postes à traiter. On estime généralement un investissement compris entre 15 000 et 50 000 euros pour un logement moyen. Après déduction des aides MaPrimeRénov et des certificats d’économies d’énergie (CEE), le reste à charge peut être réduit de 30 à 60 % selon les revenus du propriétaire.

Le gel des loyers pour les DPE F s’applique-t-il aussi en cas de changement de locataire ?

Oui. Depuis août 2022, le gel des loyers pour les logements classés F et G s’applique non seulement lors du renouvellement de bail, mais aussi lors d’une remise en location à un nouveau locataire. Le propriétaire ne peut pas fixer un loyer supérieur à celui du précédent occupant, ni appliquer la révision annuelle habituelle. Cette règle concerne toutes les locations vides ou meublées soumises à la loi du 6 juillet 1989.

Quelle est la différence entre un DPE F et un logement non décent ?

Un logement classé DPE F peut ou non être considéré comme non décent selon sa consommation réelle d’énergie finale. Le critère de non-décence énergétique est fixé à 450 kWh/m²/an d’énergie finale : tout logement dépassant ce seuil est automatiquement non décent, quelle que soit son étiquette DPE. En revanche, un appartement ou une maison classée F mais sous ce seuil reste légalement louable jusqu’en 2028, sous réserve des autres conditions de décence.

Jérémie Rodrigues