Rénover son logement pour réduire ses factures, c’est bien. Être remboursé en partie par l’État, c’est mieux. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique — le fameux CITE — a longtemps été le dispositif phare des propriétaires qui voulaient isoler leur maison ou changer leur chaudière. Puis il a été progressivement remplacé par MaPrimeRénov’ à partir de 2020. Mais la mécanique du crédit d’impôt rénovation énergétique reste active pour certains profils, et les règles méritent d’être comprises avant de signer un devis.
Voici ce que vous devez savoir : qui peut encore en bénéficier, quels travaux sont éligibles, et comment calculer concrètement ce que l’État va vous rembourser.
Du CITE à MaPrimeRénov’ : comprendre la transition
Ce qu’était le CITE
Le Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) permettait de déduire directement de son impôt sur le revenu une partie des dépenses engagées pour des travaux d’amélioration énergétique. Le taux standard était de 30 % des dépenses éligibles, avec des plafonds selon la composition du foyer : 8 000 € pour une personne seule, 16 000 € pour un couple, majorés de 400 € par personne à charge.
Concrètement : un couple qui dépense 10 000 € pour une pompe à chaleur pouvait récupérer 3 000 € directement sur sa feuille d’impôt. Simple, lisible, efficace.
La bascule vers MaPrimeRénov’
Depuis le 1er janvier 2021, le CITE est officiellement supprimé pour la grande majorité des ménages. Il a été transformé en prime directe versée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) : MaPrimeRénov‘. L’avantage ? La prime est versée en amont ou après travaux, sans attendre la déclaration fiscale annuelle. L’inconvénient ? Le montant dépend désormais des revenus du foyer, selon une grille couleur (bleu, jaune, violet, rose).
💡 Notre conseil
Avant de lancer vos travaux, faites simuler votre éligibilité sur le site officiel france-renov.gouv.fr. Un conseiller France Rénov’ (anciennement FAIRE) répond gratuitement par téléphone au 0808 800 700. Évitez les plateformes privées qui facturent ce service.
🎯 Qui peut encore bénéficier d’un crédit d’impôt ?
Les cas résiduels du CITE
Une fenêtre subsiste : les ménages aux revenus dits « intermédiaires » ou « supérieurs » qui n’ont pas droit aux montants maximaux de MaPrimeRénov’ peuvent dans certains cas activer un mécanisme d’avantage fiscal complémentaire. Les propriétaires bailleurs sont également dans une situation à part — ils ne bénéficient pas de MaPrimeRénov’ et peuvent accéder à des réductions fiscales via le déficit foncier pour les travaux en location.
Les ménages aux revenus « roses » (les plus élevés selon la grille Anah) touchent une prime MaPrimeRénov’ réduite. Pour eux, optimiser la déductibilité des travaux reste une vraie question patrimoniale à poser à un conseiller fiscal.
Le cas particulier des copropriétés
Les travaux réalisés sur les parties communes d’une copropriété ouvrent droit à MaPrimeRénov’ Copropriété. Le syndicat des copropriétaires dépose le dossier collectivement. Chaque copropriétaire peut ensuite déduire sa quote-part. Ce mécanisme hybride — à mi-chemin entre la prime et l’avantage fiscal — s’applique aux immeubles d’au moins 75 % de résidences principales construits depuis plus de 15 ans.
✅ À retenir
Le CITE classique n’existe plus pour les particuliers depuis 2021. Mais des avantages fiscaux persistent : déficit foncier pour les bailleurs, MaPrimeRénov’ Copropriété pour les immeubles collectifs, et dispositifs complémentaires pour les revenus intermédiaires et supérieurs.
Quels travaux sont éligibles ?
Les travaux ouvrant droit aux aides d’État — qu’il s’agisse de prime directe ou d’avantage fiscal — suivent une liste précise. Voici les postes principaux :
- Isolation thermique : combles, toiture, murs, planchers bas — c’est le gisement le plus rentable (jusqu’à 70 % des déperditions thermiques viennent de là)
- Chauffage et eau chaude : pompe à chaleur air/eau ou géothermique, chaudière à granulés, poêle à bûches labellisé, chauffe-eau solaire
- Fenêtres et portes : double ou triple vitrage, sous conditions de performance (Uw ≤ 1,3 W/m²K)
- Ventilation : VMC double flux, qui réduit les pertes thermiques liées au renouvellement d’air
- Audit énergétique : obligatoire pour les « rénovations d’ampleur » depuis 2023, il est lui-même pris en charge
Une condition s’applique à tous les postes : les travaux doivent être réalisés par un artisan RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Pas de RGE, pas d’aide. C’est non négociable.
⚠️ À garder en tête
Méfiez-vous des démarcheurs qui proposent des travaux « 100 % gratuits grâce aux aides de l’État ». Le bouclier juridique existe (loi anti-démarchage énergétique de 2020), mais les arnaques persistent. Vérifiez systématiquement le numéro RGE de l’artisan sur le site qualit-enr.org ou renovation-info-service.gouv.fr.
Comment calculer le montant de votre aide ?
La grille MaPrimeRénov’ par couleur
Le montant de la prime dépend de deux critères : vos revenus fiscaux de référence et la région où vous habitez (Île-de-France ou province). Quatre tranches existent :
| Couleur | Profil | Taux sur isolation (exemple) |
|---|---|---|
| 🔵 Bleu | Revenus très modestes | Jusqu’à 75 % |
| 🟡 Jaune | Revenus modestes | Jusqu’à 60 % |
| 🟣 Violet | Revenus intermédiaires | Jusqu’à 40 % |
| 🩷 Rose | Revenus supérieurs | Jusqu’à 20 % |
Ces taux s’appliquent sur un montant de travaux plafonné par geste. Par exemple, pour l’isolation des combles, le plafond de dépense éligible est de 75 € par m². Inutile de faire chiffrer des combles à 150 €/m² : seule la moitié servira de base de calcul.
Cumuler les aides : la bonne stratégie
MaPrimeRénov’ se cumule avec d’autres dispositifs. C’est là que le financement devient vraiment intéressant :
- Les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) : versés par les fournisseurs d’énergie, ils s’ajoutent à MaPrimeRénov’ sans plafond de cumul fixe
- L’éco-PTZ : prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 € pour financer le reste à charge, sans condition de revenus depuis 2022
- Les aides locales : nombreuses régions et communes abondent les aides nationales — l’Île-de-France, l’Occitanie ou Bordeaux Métropole ont des programmes actifs
- La TVA à 5,5 % : applicable à tous les travaux de rénovation énergétique, elle représente une économie immédiate sur la facture artisan
50 000 €
plafond de l’éco-PTZ pour financer le reste à charge de vos travaux de rénovation énergétique, à taux zéro
Les démarches pas à pas
Identifiez les postes prioritaires. Un audit réglementaire coûte entre 500 et 1 000 €, mais il est lui-même subventionné à hauteur de 500 € pour les ménages modestes.
La demande MaPrimeRénov’ se fait sur maprimerenov.gouv.fr. Commencer les travaux avant validation du dossier entraîne automatiquement le rejet de l’aide.
Vérifiez la certification sur qualit-enr.org. Demandez plusieurs devis — la prime ne compense pas un tarif gonflé de 40 %.
Factures, attestation de fin de chantier, et parfois photos : l’Anah verse la prime dans un délai moyen de 2 à 4 semaines après réception du dossier complet.
Pour aller plus loin sur le financement de vos travaux, consultez notre article sur l’éco-prêt à taux zéro et ses conditions d’éligibilité — c’est souvent la pièce manquante du puzzle financier.
Questions fréquentes
Le crédit d’impôt rénovation énergétique existe-t-il encore en 2024 ?
Le CITE (Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique) a été supprimé pour la majorité des ménages en 2021 et remplacé par MaPrimeRénov’, une prime directe versée par l’Anah. Des mécanismes fiscaux subsistent pour les propriétaires bailleurs (via le déficit foncier) et pour certaines copropriétés. Si vous êtes propriétaire occupant, MaPrimeRénov’ est désormais votre principal levier d’aide.
Quelle différence entre MaPrimeRénov’ et l’ancien crédit d’impôt ?
L’ancien crédit d’impôt (CITE) était déduit de votre impôt sur le revenu l’année suivant les travaux — les foyers non imposables n’en profitaient donc pas. MaPrimeRénov’ est une prime versée directement, accessible à tous les propriétaires, y compris les non-imposables. Son montant varie selon les revenus du foyer, avec des taux plus élevés pour les ménages modestes.
Peut-on cumuler MaPrimeRénov’ avec d’autres aides financières ?
Oui, et c’est même recommandé. MaPrimeRénov’ se cumule avec les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie versés par les fournisseurs d’énergie), l’éco-PTZ (prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 €), la TVA réduite à 5,5 % sur les travaux, et les aides des collectivités locales. Certains ménages modestes peuvent ainsi couvrir 90 % du coût des travaux d’isolation.
Est-il obligatoire de faire appel à un artisan RGE pour bénéficier des aides ?
Oui, sans exception. Tous les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ) exigent que les travaux soient réalisés par un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Vous pouvez vérifier la certification d’un artisan sur les sites qualit-enr.org ou renovation-info-service.gouv.fr. Faire appel à un artisan non certifié entraîne automatiquement la perte de toutes les aides.
Quand faut-il déposer sa demande d’aide par rapport aux travaux ?
La demande MaPrimeRénov’ doit impérativement être déposée et validée AVANT le début des travaux. Commencer le chantier sans validation préalable entraîne le rejet automatique du dossier. Comptez en général 2 à 6 semaines pour l’instruction du dossier en ligne sur maprimerenov.gouv.fr. Planifiez en conséquence avec votre artisan.